Départ dans la brume

Nous partons du refuge dans une atmosphère brumeuse, un halo fantomatique enveloppe les vélos.

Heureusement il me fait pas froid, le soleil n’est pas bien loin.
Les 3 km qui nous séparent du col sont côté parcourus. On entend le drone de Guillaume qui nous survole.

Bouchon au col !

Impossible de passer devant le panneau du col sans faire une petite photo :
Francis, Jean-Yves, Stéphane, Paul, Danièle.

Direction Aoste, avant d’attaquer le col du Grand Saint-Bernard

Belle descente du col du Petit Saint-Bernard, je filme Daniele et Jean-Louis dans les lacets, à pleine vitesse. La lumière est toujours aussi belle.

Au bout d’un nombre interminable de virages, nous arrivons au fond de la vallée et rejoignons une route à fort trafic. Rouler devient moins agréable, d’autant que la chaleur augmente. Pour couronner le tout, je dois m’arrêter car les boulons de la remorque se dévissent à cause des vibrations :

Encore un arrêt : un autre boulon se désserre et vient frotter sur un disque :

Heureusement, l’arrivée sur Aoste fait oublier la chaleur et les soucis :

Aoste : la chaleur est à son comble, je ne m’attarde pas. Vite, trouver la route pour le Grand St-Bernard ! La vitesse des voitures sur cette route gâche un peu le plaisir, mais le tunnel nous libère enfin de tout ce trafic : nous abordons les 10 derniers km avec bonheur pour les uns et peine pour les autres, notamment ceux dont la batterie est vide.
Une atmosphère chaleureuse nous attend au refuge Casa Don Angelo Carioni, nous dormirons à 3km du col.

Batterie vide et montée “à la pédale ” a été le lot de Thierry, il est acclamé par tous les suntripeurs attablés :

Départ pour le col du Petit Saint-Bernard

Départ officiel de Val d’Isère
Comme il y a beaucoup de tunnels, nous devons nous espacer pour ne pas gêner les voitures. Nous filons à toute allure. Malgré nos vestes et nos gants, nous sommes gelés en arrivant à Sainte-Foy-en-Tarentaise. Heureusement, c’est ici que l’ascension commence, d’abord bien raide. L’air matinal est frais, l’air très pur, un plaisir.

Jacqueline a mis le turbo :

Au fond de la vallée, Bourg-Saint-Maurice :

On approche du col, la lumière est sublime. Je croise les jeunes étudiants belges qui ont un gros problème sur leur vélo cargo : tous les rayons sont deserrés, la roue avant est toute voilée.

J’aime ce col, difficile au début et doux à la fin :

15 juillet : journée de repos à Val-d’Isère

Je décide d’exploiter cette journée pour réparer ma remorque. J’esplore de multiples directions.
Je passe des coups de fil à Bourg-Saint-Maurice à plusieurs magasins de cycles, sans succès. Francis contacte Tom Papay, un suntripeur 2013 et 2015, qui habite près d’ici et qui viendra nous présenter son film. Il a une remorque Extrawheel, lui aussi, et un poste à souder Mig, mais il faut trouver un soudeur. Je vais voir un agriculteur en haut de la station, il est tout prêt à m’aider mais son équipement est trop puissant pour des tubes aussi fins.

La belle ferme d’Alain :

Un garagiste de Tignes veut bien que je lui montre ma remorque…
Après moultes discussions avec les uns et les autres, je me rends compte que le remède pourrait être pire que le mal. Mieux vaut continuer àinsi…
Advienne que pourra.

Daniele, lui, est content d’avoir encore une fois les honneurs de la presse locale :

Ce matin, cap sur le Col de l’Iseran

Voilà le profil du parcours de ce matin.


Par chance, je me suis réveillé tôt : 5h55. Je vais pouvoir rattraper mon retard, même prendre un peu d’avance.
Le prix à payer : pas de petit déjeuner.

La charge de ma batterie est très faible suite aux problèmes d’hier, je choisis donc le niveau d’assistance minimal, je monte donc très lentement. Mais ça passe, la montée est assez régulière.

À 1 km du col, Zag me dépasse à toute vitesse, suivi par Mickaël. Plus que 800m, 500m, 200m, ça y est !

Puis d’autres arrivent, chacun échange ses impressions sur la montée, c’est chaleureux.

La descente sur Val-d’Isère est magnifique.

Arrivée de la caravane du SunTrip à Val-d’Isère

Après douche et repas, notre caravane de vélos solaires rejoint le salon du véhicule electrique et hybride de Val-d’Isère. Bernard Cauquil est là !

Nous installons nos vélos sur le salon :

Des participants des éditions 2013 et 2015 du SunTrip sont ici :

Voici le véhicule sur lequel j’aimerais rouler: le trike de Jean-Yves Schneeberger (structure en cèdre rouge):

J’ai trouvé LA remorque solaire ultime avec laquelle je n’aurai plus de casse !

Les ennuis successifs m’empêchent d’arriver à l’étape prévue

Après d’autres incidents qui me regardent encore, j’arrive à Lanslebourg. 10 km me séparent du gîte où les autres sont arrivés, où un repas chaud a été mois de côté pour moi.
Mais il est 21h et par SMS, Daniele me rappelle que le règlement du SunTrip nous interdit de circuler après 21h.
Il me faut un hébergement : je tourne la tête, un auberge de jeunesse me tend les bras de l’autre côté du torrent.
Pas de repas chaud, mais un gîte agréable, mon vélo dormira au milieu des laitues et des frisées.

Les ennuis continuent…

Après un bonne pizza au SUN, avec Paul, Jean-Louis, Daniele, Jean-Yves, nous repartons sous un soleil bien chaud.
Très vite, Jean-Louis m’avertit que la roue de ma remorque frotte sur un tube!
Ça y est, ça recommence !
Obligé de réparer, je laisse les autres partir.
Je trouve un coin à l’ombre et je démonte.

Je repars avec 2 h de retard. J’espère que ce joint sanitaire, par sa souplesse, résistera mieux que le collier en acier utilisé au départ.

Aujourd’hui, col de la Croix de Fer

Belle étape, les soucis du début de journée sont oubliés, même si le problème n’est pas résolu.
La descente de Lans-en-Vercors était très belle, avec vue sur la Chartreuse et Belledonne.


De Grenoble à Vizille, le trafic a été pénible. Heureusement, on roulait en groupe, puis seul au gré des arrêts, puis on retrouvait plus loin d’autres suntripeurs.
La montée au col de la Croix de Fer a été longue et rude, mais personne ne peut dire qu’il n’a pas été prévenu :


La montée a été plus rude encore à quelques kilomètres du col quand la batterie a été vide, à cause d’un soleil caché depuis trop longtemps. A ce moment là, j’ai été content d’avoir un développement de VTT et de pouvoir “mouliner”.
Mais l’effort est toujours récompensé : arrivé au lac, le soleil a illuminé la vallée quelques minutes et j’ai pu filmer de beaux plans.


Au col:

Bilan: peu de km, mais pas mal de dénivelé !

Encore des soucis….

Ce matin, départ collectif de Lans-en-Vercors.
Je filmais tranquillement la caravane de vélos solaires quand tout à coup, un bruit dans la remorque m’oblige à m’arrêter.
Un tube s’est complètement desolidarisé.
Les ennuis dûs à une malformation congénitale continuent.
Le gène du suntripeur réagit : scotch et Rilsan permettent de repartir.
Pour combien de km?

Programme du lundi 10 juillet

Départ du Puy-en-Velay pour la vallée du Rhône : nous avons une météo très couverte, nos batteries sont au plus bas !
1250m de dénivelé positif nous attendent, nos jambes seront donc notre moteur principal.
1766m de dénivelé négatif :  les vélos qui ont une fonction “régénération”  pourront recharger leur batterie. Ce sont ceux dont le moteur non réducté est situé dans le moyeu d’une roue. Leur moteur se transforme alors en générateur, un peu comme une dynamo.
Une chance, c’est le cas de mon vélo !

De Brioude au Puy-en-Velay

Ce matin, la remorque est à nouveau « sur pied».


Aujourd’hui, l’étape est courte mais la météo annonce un orage pour la fin de matinée. Mon acolyte italien, Daniele, propose de tracer au plus court vers notre destination.
Les rares éclaircies permettent de grappiller quelques watts mais c’est bien peu pour la longue montée qui nous attend.


Tout au long de la matinée, un ciel d’orage se rassemble et s’assombrit dans notre dos. La menace nous pousse à redoubler d’effort pour franchir le col. Une toute petite halte pour une barre de céréales et nous filons à toute allure sur Le Puy, plus que 25 km !
Nous arrivons place du Matouret, notre lieu de rendez-vous, juste dix minutes avant qu’une pluie torrentielle s’abatte sur la ville.


Avec d’autres suntripeurs, nous nous réfugions dans un restaurant.  A l’abri, nous partageons nos histoires en dégustant un délicieux aligot, et nous avons des pensées compatissantes pour celles et ceux qui sont encore sur la route !

Le Progrès du 9 juillet : « Les cyclistes du Sun Trip tour ont fait escale au Puy-en-Velay »

L’éveil de la Haute-Loire du 10 juillet : « Le Sun Trip Tour a fait étape au Puy »

Site de la Ville du Puy-en-Velay :  « Sun Trip Tour Auvergne-Rhône-Alpes : 40 vélos solaires ont fait étape au Puy-en-Velay »

Incroyable, je suis sauvé !

Je n’y croyais pas, mais si !
Je vais pouvoir repartir demain !
Grâce à Guillaume qui est là au camping, grâce à sa perceuse, j’ai pu envisager une réparation.
Et grâce à l’intelligence collective et l’entraide entre suntripeurs, j’ai pu réparer durant une partie de la nuit !

Les anciens suntripeurs m’apprennent que l’important n’est pas de trouver la solution parfaite, idéale, mais une solution qui permette d’arriver à l’étape suivante, où là, on cherche une solution meilleure.

C’est le désastre !

Depuis le milieu de l’après-midi, je sentais la remorque bouger anormalement derrière le vélo. Les derniers mètres en arrivant au camping, quelque-chose s’est mis à frotter contre la roue.

Une fois au camping, je descends du vélo et je découvre l’étendue du désastre : les panneaux solaires se sont littéralement affaissés sur la roue de la remorque !

Je regarde sous les panneaux : c’est une pièce maîtresse, pourtant acier inox qui s’est fissurée et cassée à plusieurs endroits. Le désespoir m’envahit totalement ! Tant de jours de travail anéantis pour une pièce trop fragile !

Et demain, c’est dimanche, pas de magasin de bricolage ouvert! Pas de garage automobile, non plus !

Et demain soir, tous les suntripeurs ont rendez-vous au Puy-en-Velay !

Mon premier jour de Sun Trip sera mon dernier ?!?